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Article du 12 avril 2025 au 15 avril 2025

Aujourd’hui, nous quittons Orchid Island. Pendant trois jours, nous en avons fait le tour et avons vraiment adoré découvrir cette facette de Taïwan. Nous sommes ravis d’avoir pu en profiter au maximum grâce à Hsin. Sans lui, les choses auraient sans doute été plus difficiles, voir impossible. Nous sommes loin de Taipei, et l’anglais y est quasi inexistant. Les touristes occidentaux sont rares, au point que les locaux nous saluent souvent. Certains adultes nous adressent même des sourires et des coucous, un comportement généralement réservé aux enfants, plus émerveillés.

Hsin rend notre scooter avant que nous ne reprenions le bateau sans lui, car il est un peu plus pressé et fait le trajet en avion. De notre côté, nous espérons que la traversée se passera aussi bien qu’à l’aller et que nous ne serons pas malades.

De retour sur la terre ferme, tout s’est bien passé. En revanche, rejoindre l’auberge à Hengchun depuis le port n’a pas été simple. Nous avions prévu de prendre un bus, mais il n’est jamais venu. Heureusement, les quelques gouttes de pluie n’ont pas duré, et nous n’avons attendu que cinq minutes en faisant du stop avant qu’un groupe de jeunes Taïwanais s’arrête pour nous déposer en ville. Malgré la barrière de la langue, nous avons réussi à nous faire comprendre, et ils ont tenu à prendre une photo avec nous avant que nous descendions.

Pour le reste de la journée, nous nous sommes simplement restaurés et reposés.

De Retour à Taipei

Ce matin, il pleut, et le programme n’est pas des plus excitants, nous remontons jusqu’à Taipei. Nous savons d’avance que ce sera une longue journée, car nous devons traverser l’île du sud au nord.

Pour bien commencer, nous « loupons » notre bus… enfin, pas vraiment. Nous étions à l’heure, mais sans notre interprète, nous ignorions qu’il fallait prendre un ticket, en arrivant à l’arrêt, pour entrer dans la file d’attente. Heureusement, le deuxième bus n’est que dans une demi-heure et il est moins rempli. Pendant l’attente, nous en profitons pour prendre notre petit-déjeuner.

Nous montons dans le bus, et une Taïwanaise s’assoit à côté de nous et entame la discussion. Elle parle plutôt bien anglais et nous explique qu’elle vit en Australie et rentre rarement à Taïwan. Nous essayons de lui dire les villes que nous avons visitées, mais notre intonation est si mauvaise que notre prononciation en devient incompréhensible. Elle nous demande aussi quelles spécialités nous avons goûtées et préférées, et semble un peu déçue que nous n’ayons pas testé le stinky tofu. Discuter avec elle nous a fait plaisir et nous a fait oublier que nous avions pris du retard dans notre journée.

Avec le bus, nous arrivons à Kaohsiung, où nous devons prendre un train pour Taipei. Désormais habitués, nous faisons la queue pour monter dans un wagon sans réservation, car nous avons raté notre train initial. Une fois à Taipei, nous déposons simplement nos sacs et repartons immédiatement en métro. Depuis notre arrivée, nous voulions visiter le Musée du Palais national, assez éloigné du centre, et aujourd’hui, c’est le dernier jour possible.

Nous aurions peut-être dû écouter notre instinct. Les musées d’art ne nous passionnent pas particulièrement, et sur les trois étages, il n’y avait presque que cela, des objets exposés sans description explicative. Nous en faisons rapidement le tour, puis passons la fin de journée à faire du shopping pour acheter des objets bien moins chers ici, comme des disques durs.

De retour à l’auberge pour nous reposer, nous apprenons que nous avons déposé nos affaires au mauvais endroit et devons marcher quelques minutes de plus. Après une si longue journée, cet effort supplémentaire nous semble insurmontable.

Heureusement, pour nous redonner un coup de boost, nous retrouvons Rainee, une autre amie taïwanaise. Nous papotons un peu, mais ne tardons pas à aller nous coucher, épuisés. Nous aurons toute la journée de demain pour en profiter ensemble.

Yangmingshan et ultime soirée

Notre amie Rainee nous a proposé de visiter le parc national de Yangmingshan avec elle. Ce lieu, populaire et proche de la capitale, permet de s’évader de l’agitation urbaine. Elle a réservé un tour pour nous éviter de nous soucier du transport et nous fournir quelques explications. Le prix était bien moins cher si le guide ne parlait pas anglais, alors nous avons opté pour cette option en comptant sur Rainee pour traduire l’essentiel.

Après une heure de route en minivan, nous faisons une première halte à un point de vue surplombant une source chaude, ce qui nous rappelle la région de Rotorua en Nouvelle-Zélande, en moins spectaculaire. Nous poursuivons la visite en traversant un pont suspendu, puis en nous promenant près d’un étang et en forêt, tout en profitant du paysage. Le guide, plus occupé à nous prendre en photo qu’à nous expliquer les lieux, nous suggère des poses, ce qui nous fait beaucoup rire tous les trois.

Le parc est connu pour abriter des buffles d’eau, et c’est le moment phare de la journée, nous espérons en apercevoir. La météo est magnifique, sans un nuage, et nous repérons rapidement quelques buffles paisiblement en train de ruminer, ce qui nous permet de capturer de magnifiques photos. Nous y passons tellement de temps que nous devons courir pour ne pas faire attendre le reste du groupe.

Il est bientôt midi, et nous nous arrêtons dans un village pour immortaliser les jolies fleurs en pleine floraison, avant de nous installer pour déjeuner.

À notre arrivée, l’endroit n’était pas très fréquenté en arrivant, mais au moment de repartir, la foule est là, et la circulation en devient difficile. Sur la route, nous avions aperçu des fumées dans les hauteurs, que nous avions prises pour des sources d’eau chaude. Mais la fumée s’épaissit et noircit et nous croisons de nombreux camions de pompiers et comprenons qu’il s’agit d’un feu de forêt. Notre chauffeur fait demi-tour et emprunte un autre itinéraire pour nous déposer près des sources chaudes de Zhongshan. Nous en profitons pour nous offrir un bain de pieds gratuit dans les bassins publics. Sans compter sur notre guide, qui en profite pour prendre encore une multitude de photos, ce qui provoquera un nouveau fou-rire.

Nous nous baladons ensuite dans la vieille rue, où de nombreux étals de nourriture sont installés. Il est le milieu d’après-midi, l’heure du goûter à Taïwan. Rainee et Clem prennent une glace, puis Rainee nous fait goûter une sorte de bao farci à la viande. Ce n’était pas mauvais, mais nous ne nous attendions pas à ce que ce soit salé.

La fatigue commence à se faire sentir, mais il nous reste un dernier lieu à découvrir, le Laomei Green Reef, une bande côtière unique grâce à ses roches volcaniques et ses algues saisonnières. Nous avons de la chance, en avril, la période est idéale pour observer ce phénomène.

Au cours de la journée, nous avons beaucoup discuté, notamment de la valeur symbolique des fruits à Taïwan, considérés comme des cadeaux précieux. De retour à Taipei, Rainee veut nous faire découvrir ses fruits préférés, ainsi que ceux les plus appréciés des Taïwanais. Nous nous arrêtons dans une boutique spécialisée, qui ressemble davantage à une échoppe de luxe qu’à un stand de maraîcher. Elle prépare une sélection de fruits que nous ne connaissons pas, et nous découvrons de nouvelles saveurs pour le goûter.

Pour notre dernière soirée à Taïwan, nous profitons de nos amis jusqu’au dernier moment en allant dîner dans un restaurant pour déguster un hot pot. C’est un plat similaire à une fondue bourguignonne, un grand plat avec un bouillon est placé au centre de la table, et nous y faisons cuire toutes sortes d’aliments. Hsin en profite pour nous offrir un cadeau qu’il a ramené de France, où il était en vacances il y a quelques mois. Cette attention nous touche profondément, et nous sommes si heureux d’avoir pu découvrir leur pays à leurs côtés. À la fin du repas, nous disons « à bientôt » à Hsin, que nous espérons revoir très vite.

Le lendemain, c’est à Rainee que nous disons au revoir, après avoir passé la matinée à ranger nos affaires pour qu’elles soient le moins encombrantes possible. En début d’après-midi, nous arrivons à l’aéroport. Une fois de plus, tous les contrôles de sécurité se passent sans encombre, et nous nous dirigeons vers notre porte d’embarquement. Avant de monter à bord, Clem part chercher à manger, car nous ne sommes pas sûrs d’avoir un repas dans l’avion, et le vol suivant est tard dans la soirée, avec des options probablement limitées. Malgré notre avance, nous devons manger rapidement, car notre porte d’embarquement se trouve à l’opposé de tout.

Nous quittons Taïwan pour une escale en Malaisie avant de rejoindre la France. Alors que l’avion à destination de Paris s’apprête à décoller, nous sommes submergés par l’émotion. Après un an et trois mois, nous avons l’impression que ce voyage a filé trop vite, tout en ressentant une envie profonde de serrer nos proches dans nos bras, de retrouver nos habitudes, notre routine et le calme pour enfin nous reposer.

Nous sommes déjà nostalgiques de ces paysages majestueux que nous avons eu la chance d’admirer, d’avoir vécu une vie paisible à l’autre bout du monde, nous contentant d’une douche chaude une fois par semaine, et surtout de toutes les personnes qui ont fait partie de notre vie pendant cette aventure. Nous sommes fiers d’avoir saisi cette opportunité et traversé ces moments intenses ensemble, qui nous ont permis de mieux nous comprendre, individuellement et en couple.

Nous sommes heureux d’avoir gardé la motivation de noter nos expériences et nos ressentis, pour pouvoir relire nos aventures et ne rien oublier de ce voyage unique. Un voyage qui nous a fait rire, pleurer et apprendre, qui nous a émerveillés et grâce auquel nous avons grandi.

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